samedi 14 avril 2018

Un tutoriel de papier à la colle (F. Voignier)

Ce 5 Avril, c'est encore mon ami et professeur de dorure François Voignier, du club de dorure de Viry-Chatillon, qui proposait à un groupe de relieurs, dont j'ai eu la chance de faire partie, une petite initiation à la pratique du papier à la colle

 Je ne montrerai ici que quelques résultats de cette initiation, en renvoyant le lecteur intéressé au blog de mon association "Les Lieurs de Sénart", dont l'adresse internet est la suivante: www.leslieursdesenartdraveil.blogspot.fr.
Le compte-rendu que j'y ai fait de cette rencontre est, je l'espère, suffisamment étoffé pour constituer en soi un petit tutoriel de cette pratique, au demeurant assez facile.

Un papier fait par F.V. en séance


Quelques papiers fabriqués par F.V.


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Un autre papier fait par F.V. en séance


Un papier fait en séance par une élève











mardi 27 février 2018

Des livres brochés...aux dos arrondis

L'article précédent ("Un tutoriel pour la reliure d'emboîtage", 25 Février 2018) présentait une méthode pour relier des livres brochés (donc non cousus) suivant le principe dit "d'emboîtage". Rappelons  que cette méthode est adaptée à des ouvrages non formés de cahiers, par exemple les ouvrages du commerce moderne, presque exclusivement brochés.

Ayant largement pratiqué cette méthode pour des reliures peu ambitieuses (livres de poche), j'ai toujours regretté le manque d'élégance du produit fini, à cause du dos plat obtenu qui tient au principe même de la méthode. Cette constatation m'a amené à réfléchir sur la possibilité, pour un tel livre broché, de former un dos arrondi plus conforme aux traditions de la reliure. Je laisserai de côté des méthodes connues qui procèdent par reconstruction de cahiers, par exemple par couture (voire collage)  de feuilles entre elles, en raison de l'importance du travail préalable qu'elles nécessitent.

Partant du principe même de la méthode d'emboîtage, en retenant le mode de couture par fils noyés (cf. tuto reliure d'emboîtage), j'ai développé une méthode alternative pour obtenir le résultat recherché. Le principe peut tenir en quelques mots: arrondir le bloc-livre en tassant le paquet de feuilles sur un cylindre: tuyau, manche à balai... C'est élémentaire, mais la pratique comporte tout de même quelques chausse-trappes, que je me propose d'éclairer.

Les photos, en petit format, peuvent être agrandies en cliquant dessus. On revient au blog par la croix en haut à droite de la photo.

Pour le vocabulaire, on se reportera au début de l'article du 2 Mai 2015

Matériel: Outre un matériel standard de reliure, on devra disposer de 2 bandes de carton épais un peu moins larges que le livre et d'un tube cylindrique dont le diamètre soit légèrement supérieur à l'épaisseur du livre + la somme des 2 cartons. Ainsi sur l'exemple présenté, le livre a une épaisseur de 23mm, chaque carton 3mm, le cylindre (tuyau de plomberie) 30mm de diamètre donc légèrement supérieur à 23+3+3.

A. Préparation du livre
Photo A1. On se propose de relier l'ouvrage broché "Le mystère du Masque de Fer", de Danielle et Claude Dufresne, publié chez Tallandier en 1998.
A2. On débroche la couverture en tirant soigneusement dessus.
A3. On se propose de séparer les feuilles entre elles. Une manière rapide (photo), consiste à "scier' un tranche de 1 à 2mm maximum au dos du livre à l'aide de la presse à rogner.
 Cette méthode a l'inconvénient de diminuer la marge des fonds de page, s'ajoutant à la diminution qui sera occasionnée par la pseudo-couture. Au cas où l'on ne pourrait se permettre ce prélèvement, on devra arracher les pages (chauffer le dos au sèche-cheveux, ou au micro-ondes), mais il faudra nettoyer les bords de page de la colle restée accrochée. L'opération est assez fastidieuse. 
A4. En utilisant une page quelconque comme gabarit, couper deux ensembles de trois pages de garde blanches, par exemple une page double (pliée), et une page simple, en deux exemplaires. Disposer ces pages de garde en début et fin du livre, les pages doubles à l'extérieur.
La justification des trois pages se trouve dans la méthode qui sera proposée pour l'assemblage des couvertures. Au final, on ne trouvera plus qu'une garde couleur et une garde blanche.
A5. Enserrer fortement le paquet de feuilles dans une bande de papier un peu moins large que le livre. Normalement, le bloc de feuilles peut alors être manipulé sans se déformer.

B. Mise en forme du bloc-livre
B1. La bloc étant positionné dans la presse entre deux plaques dépassant d'environ 1cm,, on pratique sur le dos des fentes en croix d'environ 1 à 2mm de profondeur.
B2, B3. Le cylindre (voir ci-dessus: "Matériel") est d'abord bloqué dans la presse, puis les deux cartons sont simplement posés au dessus de lui contre les flancs. Le bloc-livre est alors introduit entre les cartons, dos en dessus. De légers tapotements suffisent à lui donner la forme du cylindre.

C. Formation du dos
Le bloc-livre étant toujours enserré dans la bande de papier,  peut être sorti de la presse et manipulé doucement sans perdre son arrondi. 
C1. L'endossure va être entièrement réalisée à même la presse à endosser. On doit donc protéger les mors par du  papier peu sensible à l'eau (papier sulfurisé, par ex.)
C2, C3.Ayant choisi les cartons de couverture, on positionne le livre dans la presse de façon à ne laisser dépasser que l'épaisseur de ces cartons. Puis on humecte le dos avec une éponge et on repousse les feuilles vers l'extérieur à partir du sommet, soit avec la pointe du marteau, soit avec la tête du marteau en la faisant glisser du sommet vers l'extérieur. On termine en rabattant fermement avec la tête du marteau les premières et dernières feuilles contre les mâchoires ferrées.
C4. Le résultat doit présenter en bouts une forme d'éventail.

D. "Pseudo-couture"
D1. En desserrant la presse, on remonte le bloc-livre d'environ 5mm. On emplit de colle forte les fentes dans lesquelles on vient ensuite noyer des brins de fil d'épaisseur moyenne ( grade 20 par ex.).
D2. Le dos étant maintenant largement enduit de colle forte, on pose au dos un rectangle de mousseline qui devra dépasser d'au moins 20mm de chaque côté du livre. Sur le dos, la mousseline doit apparaître comme noyée dans la colle.
D3. On termine cette phase par une bande de papier Kraft aux dimensions exactes du dos. On laisse le tout jusqu'à séchage complet.
L'arrondi du dos se trouve alors définitivement formé.

A partir de ce point, le livre se présente comme dans le cas d'une reliure classique lorsque les ficelles ont été coupées au ras du livre (cas fréquent en restauration). Des méthodes classiques sont disponibles: Bradel, plats rapportés... Afin que l'article soit auto-suffisant, j'en propose une variante que je trouve bien adaptée au cas présent.

E. Endossure
E1. Poncer le Kraft du dos de façon à obtenir un aspect cylindrique presque parfait.
E2. Poser les tranchefiles
E3.  Remplir l'espace entre tranchefiles de 2 couches de papier Kraft.
E4. Poser une dernière couche de papier Kraft de bout en bout et terminer par un ponçage de finition.
  

Pour la suite, on aura coupé les cartons de couverture aux dimensions (largeur + 1 fois la chasse) x (hauteur +2 fois la chasse)

F. Pose des cartons
F1. Recouper la première page de garde légèrement au delà de la mousseline. Faire de même pour la dernière page de garde.
F2. Préparer 3 macules dont 2 plus grandes que le livre puis 1 autre un peu plus petite que le livre. Il en faudra autant pour l'autre face du livre.
F3. En protégeant la 2ème page de garde par une grande macule, encoller, par dessous la mousseline, le reste de la première garde.
F4. Changer la macule puis plaquer la mousseline sur la partie encollée, en la poussant bien contre les mors.
Renverser le livre pour répéter les opérations F1 à F4 (Si l'on ne veut pas attendre le séchage complet, on pourra poser le livre sur des ais, la bande précédemment encollée étant "pendante" sur le bord des ais).
Attendre le séchage complet

A partir de ce point, le collage des cartons devra se faire avec célérité.
F5. Protéger la page de garde par une petite macule (cf par. F2). Encoller la bande qui porte la mousseline puis poser au dessus un des cartons de couverture en veillant bien à son placement correct par rapport au livre (régularité des chasses). Même en appuyant fermement, l'adhérence reste faible, ce qui d'ailleurs permet de rectifier la position. Faire de même pour l'autre carton, en veillant à respecter l'équerrage de l'ouvrage.
F6. L'ouvrage étant protégé par deux cartons forts, le placer dans la presse au ras des mors et serrer très fortement. L'ouvrage peut être retiré instantanément de la presse, le collage est alors définitif (serrage "éclair").

G. Préparation de la couvrure
G1. Faux-dos: couper une bande de cartonnette couvrant le dos en largeur, avec pour hauteur celle des cartons. La coller sur le dos le long des bords seulement, en laissant libre 2cm à chaque extrémité.
G2. Couper dans la couverture d'origine les éléments de décor que l'on souhaite conserver.
G3. Dans une cartonnette aux dimensions du 1er plat, dégager les zones correspondant aux motifs de décoration. Les coller à leur place sur le premier plat.

H. Pose d'une toile de couverture
H1. Ayant coupé un rectangle de toile dont la longueur est la longueur de l'ouvrage étalé à plat augmentée de 5cm, la hauteur celle de l'ouvrage augmentée de 4cm, on dessine au dos de la toile un trait de base à 2cm du bas, puis en posant le livre au ras de ce trait, on matérialise la position du 1er plat à 2cm du bord gauche. On encolle le rectangle de toile ainsi dessiné ainsi que la surface du premier plat. On pose le 1er plat sur la toile à son emplacement précis, puis on retourne l'ouvrage de façon à bien assurer le collage. En suivant les reliefs au petit plioir, on matérialise l'emplacement des éléments de décor. On colle ensuite la toile sur le dos du livre, puis on termine en couvrant le second plat. On peut ensuite recouper la toile sur son pourtour à une distance constante du livre, par ex. 1,5cm.
H2. Après avoir coupé les coins de la toile à 45° à une distance du coin un peu supérieure à l'épaisseur du carton, on encolle et on rabat le rempli (débord de toile) de droite en le poussant fortement vers l'intérieur. On pince ensuite les extrémités de ce rempli. On fait de même pour le rempli de gauche.
H3. Il faut maintenant rentrer la toile sous le faux dos en tête et queue (coiffes). Vérifier d'abord, ou si nécessaire dégager les passages intérieurs entre faux-dos et carton. Encoller le partie de toile devant former la coiffe (cette étape étant délicate, on pourra préférer utiliser une colle forte mélangée de colle de pâte). En ouvrant fermement le livre par son milieu, le faux-dos se dégage et l'on peut rentrer la toile sous la coiffe, en la faisant ressortir par l'intérieur des plats. On termine en collant les remplis qui restent libres sur tout le pourtour.

I. Collage des gardes-couleur
A ce niveau, il n'y a plus de différence pour cette opération avec l'emboîtage classique. On reprendra identiquement les paragraphes 16 à  20 de l'article précédent:  "Un tutoriel pour la reliure d'emboîtage" du 25 Février 2018.

J. C'est fini !
 Le résultat est présenté ci-contre. Passant outre les défauts dus aux maladresses du manipulateur, l'effet obtenu est le même que pour une reliure "à la française".

A partir de là un vrai travail de création au niveau des plats est toujours possible. Le monde de l'édition ne proposant quasiment plus de livres cousus, il y a lieu de penser que des solutions au problème des livres brochés seront amenées à prendre de l'importance

Ma conviction personnelle est que de cette question, on en reparlera !

dimanche 25 février 2018

Un tutoriel pour la reliure d'emboîtage

Aux manettes: Amap, "les lieurs de Sénart"
A la photo: Camille

Ce tutoriel reprend le thème "Tutoriel de reliure simplifiée (ex: livre de poche)", du 2 Mai 2015, avec de nombreuses améliorations (je fais des progrès !!). On pourra éventuellement s'y reporter, en prenant garde toutefois à quelques différences notables.

Cette version a été élaborée dans le cadre du stage d'initiation à la reliure dit "stage livre de poche", dans notre atelier "Les Lieurs de Sénart", à Draveil. A toutes fins utiles,  j'ai décidé de le mettre dans ce blog à disposition d'un public plus large

Afin de ne pas allonger démesurément l'article, les photos seront présentées en petit format. On n'hésitera pas à les agrandir en cliquant simplement dessus. On revient ensuite au blog par la croix en haut à droite de la photo.

Les * renvoient à des notes en fin d'article, repérées par le numéro du paragraphe.

Pour le vocabulaire, on se reportera au début de l'article du 2 Mai 2015

1. L'ouvrage*.
On se propose de traiter l'ouvrage "Quatre générations sous un même toit", de Lao She, Tome II, collection "Folio" (poche) (Photos 1.1 à 1.3).

2. Dimensions.
On relève les dimensions du livre: hauteur des "plats"* h (2.1), largeur d (2.2), largeur du dos* e, chiffres que l'on note (2.3).


3. Débrochage.
On détache la couverture. Il suffit en général de tirer dessus avec soin* (3.1).
 Les zones de collage, côté livre et côté couverture, présentent alors des résidus de colle (3.2, 3.3).

4. Nettoyage.
On place le corps du livre dans une presse de relieur (4.1), et l'on ponce le dos du livre (4.2) puis la zone de collage au revers de la couverture (4.3).

 5. Coupe et pose des pages de garde.
Les pages de garde sont des pages blanches (ci-après nommées "gardes blanches") que l'on dispose en début et fin du livre (dédicaces, notes,...).
On coupe dans un papier approprié* deux feuilles de hauteur (h+1cm), de largeur (2d+2cm) (5.1). On les plie au milieu de cette largeur. On place ensuite sur le livre une macule (5.2) ne laissant apparaître qu'une bande de 4mm env. le long du dos.
On encolle sans excès cette bande (5.3). On enlève la macule et l'on place une garde (pliée) centrée, au ras du dos (5.4). On assure le collage au plioir (5.5).
On fait de même pour l'autre page de garde en fin de volume.

 6. Recoupe des pages de garde.
Il s'agit de recouper les "gardes blanches" aux dimensions du livre.
Pour cela, on place une plaque de zinc sous les pages de garde et sur elles une règle tangente au bloc-livre, le livre étant fermé (6.1). On coupe au scalpel en suivant la règle (6.2).
En tête et queue* du livre on doit finir les coupes au ciseau (6.3).
Les pages de garde ne se distinguent plus du corps du livre (6.4).


 7. Coupe des cartons.
Les cartons vont permettre de construire pour le livre une couverture dure. Leurs dimensions sont hauteur (h+2c), largeur (d+c), c étant la "chasse"*, en général 2 ou 3mm.
On coupe d'abord à la cisaille, ou au cutter sur un zinc 2 cartons de dimensions plus grandes
(7.1), et l'on finalise les coupes exactes à la cisaille. Pour cela, une première coupe permet de repérer un premier angle droit, que l'on marque sur les deux cartons. En suivant cet angle droit comme référence, on règle la cisaille (7.2) pour couper les cartons aux dimensions exactes (7.3). On peut alors vérifier la qualité géométrique de l'ensemble (7.4), éventuellement envisager des recoupes.

  8. "Grecquage".
Il s'agit de créer un ensemble de fentes en croix, par ex. 5 croix, qui recevront les fils de couture.
On coupe un ensemble de 10 brins de fil (calibre normalisé env. 20)*, longueur 6cm env. (8.1).
Le livre étant placé dans la presse, on dessine les 5 croix à distances sensiblement égales (8.2). A l'aide d'une scie à grecquer*, on creuse les fentes (8.3) d'une profondeur suffisante (1 à 2mm) pour pouvoir y loger le fil sans qu'il apparaisse* (8.4) .
Le dos a alors l'allure de la photo (8.5). 



 9. Pseudo-couture.
Les brins de fil, une fois logés et collés dans les fentes, vont constituer une véritable "couture" pour les feuillets.
On encolle le dos en ayant soin de bien nourrir les fentes (9.1), puis on noie les fils dans les fentes (9.2). On pourra s'aider de la pointe du plioir pour mieux enfoncer les fils dans leur logement (9.3). Le dos se présente alors comme sur la photo (9.4).



10. Pose de la mousseline.
La mousseline forme un lien qui unit et bloque entre eux les feuillets et les fils.
On coupe une bande de mousseline (10.1) de largeur (e+3cm), hauteur (h+2cm). On enduit grassement de colle le dos (10.2) puis on pose la mousseline (10.3). On assure le collage au plioir (10.4). On peut éventuellement rajouter une couche de colle.



11. Pose d'une bande de papier Kraft au dos. (facultatif)*. Elle facilitera le collage au chapitre 15.
On coupe une bande de papier Kraft (11.1) de largeur (e+2mm), de longueur supérieure à h.
On encolle cette bande, et si nécessaire le dos, (11.2), et on applique exactement l'un sur l'autre (11.3). Le dos a alors l'allure de la photo (11.4)

12. Confection d'un soufflet.
 Un soufflet est une espèce de "tube" creux qui permet au livre de s'ouvrir sans casser le dos.
On coupe une bande de carte bulle* (3/10 ou 4/10),  de largeur e et de longueur supérieure à celle des cartons (12.1). Le sens "roulant"* de la carte doit être celui de sa largeur e.
On coupe un papier Kraft de largeur (3e+1cm), de hauteur supérieure à la carte. On replie ce papier de façon à former un U dont un des volets a la largeur e (12.2).
En protégeant les volets du U par des macules, on encolle le fond de ce U (12.3) et l'on vient y loger la carte (12.4), ce qui donne le résultat (12.5). On referme le petit volet que l'on enduit de colle (12.6) par dessus et l'on y rabat le grand volet. (12.7).
On recoupe ensuite le tube ainsi formé à la longueur exacte des cartons (12.8), puis on coupe la partie de Kraft qui dépasse en largeur (12.9). On repère ensuite une distance à 2cm des extrémités (12.10). On dégage ainsi 2cm de Kraft à chaque extrémité (12.11). Les deux zones ainsi "réservées" aux bouts du soufflet ne devront pas recevoir de colle jusqu'à la fin.
On obtient le "tube" (12.12) pour lequel on doit pouvoir vérifier le passage libre à l'intérieur.

13. Préparation de la couverture.
Il s'agit d'assembler les pièces que l'on vient de préparer: cartons, soufflet, sur la toile de couverture.
On coupe dans la toile choisie un rectangle de côtés h+4cm et (2d+e+5cm) (13.1). A la règle on tire un trait de base à env. 2cm du bord  puis le long de ce trait, on dispose, centrés, les 2 cartons et le soufflet (13.2). On remarquera que l'on a ménagé entre le soufflet et les cartons un espace très légèrement supérieur à l'épaisseur d'un carton. On trace ainsi le contour des 3 éléments (13.3).
On encolle un des cartons (13.4) que l'on vient placer sur son rectangle (13.5). On encolle ensuite le soufflet (côté carte) (13.6) que l'on place à sa place (13.7) puis de même le 2ème carton (13.8). Au compas, on repère la plus petite largeur du rebord de toile (13.9) que l'on reporte sur tout le pourtour. On recoupe ainsi très précisément le rectangle de toile (13.10).

14. Collage des remplis*.
Il s'agit de replier vers l'intérieur les débords de la toile.
On  trace sur chaque coin de la toile une ligne à 45°, à une distance du carton légèrement supérieure à l'épaisseur du carton (14.1). On retourne les remplis vers les cartons en prenant soin de "casser" les plis, au plioir, sur les bords (14.2). On encolle un des remplis (14.3) puis on le rabat sur le carton (14.4) en prenant soin de pincer l'angle aux extrémités comme sur la photo (14.5).
En procédant de même pour les autres remplis (14.6), on obtient le résultat (14.7) côté intérieur et (14.8) côté extérieur.

 15. Assemblage du livre.
Il s'agit maintenant d'assembler le bloc-livre et sa couverture.
On commence par recouper les débords du livre au ras du dos (15.1) et les fils de couture (15.2) au ras du livre (15.3)*.
Il s'agit maintenant de coller le dos du livre sur la seule partie Kraft du soufflet. On encolle la zone Kraft du soufflet*, puis on pose le dos au centre de la couverture (15.4). On dispose d'un temps très court pour refermer le livre, vérifier et éventuellement corriger le centrage, les chasses...(15.5). On assure le collage du dos en le frottant quelques minutes (15.6). On laisse sécher quelques instants.
On termine cette étape en rouvrant le livre. On rabat la mousseline de façon à la coller sur les cartons* (15.7).

16. Coupe des gardes-couleurs*
Les gardes-couleurs sont des pages généralement décorées dont une moitié tapisse le revers d'un plat et l'autre moitié la première garde blanche.
Ayant choisi un papier couleur (16.1), on pose le livre ouvert, à l'envers, sur son premier plat et sur le revers du papier. On marque au crayon le bord du plat exactement, puis le contour du livre avec un débord d'au moins 1cm (16.2). On retourne le livre et l'on fait de même pour le 2ème plat (16.3). On coupe au scalpel ces deux contours ainsi tracés (16.4) pour obtenir les formes (16.5). On délimite au revers, au crayon, la plus petite moitié qui sera la "garde collée", la plus grande étant la "garde volante".
Au compas, on mesure la plus petite chasse du livre (16.6), que l'on reporte, en marquant bien quelques points, sur les bords de le pourtour de la "garde collée" (16.7). Au revers, l'alignement des points (16.8) définit sur le pourtour des bandes que l'on dégage au scalpel (16.9). On fait de même pour l'autre garde-couleur.

 17. Collage des "gardes-collées"
Il s'agit de coller les "gardes collées" au revers des plats.
On ouvre le premier plat que l'on supporte par des ais. Au dos de la garde-couleur, on encolle la partie "garde collée" (17.1), et éventuellement le carton (17.2), en veillant à ne pas déborder sur la toile (double encollage). On dépose légèrement le papier sur le carton et on le déplace sans sans jamais appuyer tant que la position parfaitement centrée n'est pas trouvée (17.3). On frotte légèrement la surface à travers une macule.
Avec une macule, on délimite une bande de 5mm env. sur le livre le long du mors (17.4), que l'on encolle sans excès, ainsi que l'intérieur du mors (17.5). Puis en maintenant le livre à ouverture de 120° (17.6), on pousse le papier vers le mors, sans trop le forcer à rentrer, en assurant avec le collage sur le contre plat et sur la garde avec avec le plioir. On maintient cette position quelques minutes. Après quoi on fait de même pour l'autre plat. Le livre doit se refermer sans former de pli au fond du mors.


 18. Collage des "gardes volantes"
Il s'agit de coller les gardes volantes sur les gardes blanches.
Cette étape doit se mener avec rapidité. Le livre étant ouvert à la première garde blanche, on insère une macule sous cette page, puis on encolle la garde blanche (18.1). On change immédiatement la macule et l'on rabat la garde-couleur (18.2), puis on enlève la macule. On fait de même pour le second plat. On met aussitôt le livre sous une presse entre des ais. Après quelques minutes, on doit vérifier un collage parfait.

  
19. Recoupe des gardes volantes
Il s'agit de couper les débords des gardes volantes sur le bloc-livre.
La méthode est la même que pour la recoupe des gardes blanches (paragraphe 6). On dispose un zinc sous la garde volante, puis une règle sous le bloc livre. On coupe au scalpel le long de la règle.

20.  Eléments du décor.
Il s'agit de décorer l'ouvrage avec des éléments prélevés sur l'ancienne couverture.
On reprend l'ancienne couverture. On y prélève les éléments de décor que l'on souhaite conserver (20.1, 20.2). Si les éléments sont glacés au dos, on devra les poncer pour favoriser le collage. Toujours au ponçage, on amincit également les bords des éléments. On colle enfin ces éléments sur le livre.

21. C'est terminé !!! (21.1 à 21.3.


Notes.
Les numéros des notes renvoient aux paragraphes de mêmes numéros, et aux phrases munies d'un *.

1.Il faut nécessairement un livre non cousu, à couverture souple. Il faut préférer un livre ni trop mince (au moins 15mm) ni trop épais (moins de 40mm), et dont le dos ne soit pas trop creux.
2. Rappels de vocabulaire. La couverture est formée de 2 "plats" (l'endroit et l'envers), qui sont joints par une bande étroite: le "dos".
3. Si le livre éclate en 2 ou 3 blocs, il suffira de les maintenir ensemble jusqu'à la phase 11.
Si les éléments de la couverture se séparent, ça n'a pas d'importance. Le dos, souvent abimé, peut être perdu.
5. Le papier vergé est recommandé, les trames en filigrane étant disposées dans le sens de la hauteur h. Pour connaître le sens d'un papier, on le pince entre deux ongles et l'on tire dessus; il plisse dans son sens d'allongement. Ce sens doit être celui de la largeur d.
6. La "tête" et la "queue" du livre sont les zones du haut et du bas du livre.
7. La "chasse" est, pour les livres reliés, la largeur du débord de la couverture par rapport au corps du livre. Sur les reliures finies, elle est rarement constante sauf...pour les reliures parfaites.
8. Les fils de reliure sont normalisés à des épaisseurs codées de 50 (très fins) à 8 (très gros); moyenne 20. La scie à grecquer est un outil de relieur. A défaut, une scie à métaux peut convenir.
Si le dos du livre est creux, la scie ne peut atteindre les feuillets du centre. On peut compléter le grecquage à la pointe de relieur, ou au scalpel.
11. Nous recommandons cette pratique non standard. La largeur e+2mm se justifie parce qu'elle permet d"enrober" légèrement le livre.
12. La "carte bulle" est un carton souple utilisé en reliure, d'épaisseurs 2/10 à 6/10.
On repère le sens de la carte par le fait que dans un sens (sens roulant), on peut faire rouler un pli en forme de U, alors que dans l'autre sens, le même pli ne roule pas mais se brise.
14. Les "remplis" sont les rebords de la toile qui seront repliés sur les cartons
15. En pratique, on recoupe souvent aussi la mousseline au ras du livre. Evidemment, dans ce cas, on sautera l'opération de collage de la mousseline en fin du paragraphe.
On conservera la mousseline  dans le cas d'un livre lourd, ou d'un livre devant être manié souvent ou sans soin (livre d'enfant).
Pour l'assemblage livre-couverture, on peut pratiquer le double encollage, en encollant également le dos. Il faudra prendre soin que cet encollage n'atteigne pas les parties réservées aux bouts du soufflet.
16. Les traits de crayon des figures (16.2) ou (16.3) ne seront visibles qu'en agrandissant la photo en cliquant dessus. On reviendra au blog par la croix en haut à droite de la photo

lundi 15 janvier 2018

Une presse à relier...maison

Quel relieur amateur n'a pas souhaiter posséder chez lui une de ces presses à flancs larges, autrefois distribuées par la société Rougié & Plé, malheureusement introuvables aujourd'hui.

Presse Rougié & Plé
Cette société a abandonné l'activité "reliure", et les fournisseurs spécialisés dans ce domaine n'offrent, à ma connaissance, que la presse à dorer à flancs étroits, à mon sens moins pratique pour la pratique de la reliure.
Dans la circonstance, chacun se débrouille à sa façon. Il y a le serrage entre deux planches à l'aide de deux serre-joints, ou à l'aide d'un établi-étau "workmate", ou par une paire de tiges filetées traversantes munies d'écrous... Toutes ces méthodes ont l'inconvénient principal de n'être pas immédiatement disponibles pour l'usage.
A des fins personnelles, j'ai réalisé une version assez pratique sur la base de deux serre-joints prisonniers, dont les photos ci-après, pouvant être agrandies par un simple clic, suffisent à montrer les caractéristiques.
 

Les flancs A et B  sont constitués, chacun, de 2 planches vissées ensemble, dont l'une a été chanfreinée en partie supérieure en inclinant la scie sauteuse à 30°. Deux serre-joints P1, P2 sont introduits dans deux trous ronds T1, T2 tangents aux bords inférieurs des flancs, puis emprisonnés par deux plaques P et Q vissées sur les chants inférieurs. Deux "sabots" R et S vissés sur l'arrière des flancs, permettent de poser la presse verticalement sur le sol.


Outre l'usage traditionnel de la presse, les photos ci-dessus montrent deux utilisations particulières. A gauche, on voit que la grande distance des barres des serre-joints et leur liberté de rotation permet le serrage à différents niveaux d'un grand livre, éventuellement dépassant par dessous (v. photo). A droite, on voit que la presse posée verticalement au sol sur ses sabots permet le travail d'un livre sur tête et queue.
Les côtes des pièces sont les suivantes, en mm:
Flancs A, B: 4 planches 580x170x18 dont 2 chanfreinées à 30° sur un côté
Semelles P, Q: 2 planches 580x45x18
Sabots R, S: 2 pièces bois 170x55x18
Trous T1, T2 de diamètre 25, tangents aux bords inférieurs des flancs, à 114 et 484 mm de leur extrémité libre.
Serre-joints: tiges de 250mm, bras de 90mm, largeur de la tige 22mm.

jeudi 15 juin 2017

Mosaïque de cuir; méthode François Voignier


Ce petit tutoriel concerne une technique permettant de réaliser des effets de mosaïque de cuir de type "cloisonné" ou "vitrail". Les principes m'ont été enseignés par mon ami et professeur de dorure François Voignier, lequel est essentiellement l'inventeur de cette technique.

Au  delà de l'apprentissage, j'ai pu expérimenter la méthode pour un résultat qui m'a paru intéressant.

 Toutes les photos peuvent être agrandies en cliquant dessus
Les * renvoient à des notes en fin d'article

O. Domaine d'application

De fait, on trouvera dans cet exposé la solution à deux problèmes différents: d'une part l'assemblage bord à bord de peaux de couleurs différentes, d'autre part la réalisation de pièces légèrement "bombées" pour donner un effet de relief .
On notera que la méthode est surtout intéressante pour un décor présentant un grand nombre de petites pièces, comme c'est typiquement le cas pour un vitrail*.

La méthode nécessite l'utilisation d'une plaque d'émalène et d'une petite quantité  de colle "Béryplast", vendue dans le commerce médical.

Le schéma ci-après résume à lui seul le principe général de la méthode. On pourra s'y reporter aussi souvent que nécessaire. _______________________________________________________________________________
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La photo A1 ci-dessous montre le résultat final de l'opération. Il s'agit d'une étoile en 4 couleurs, qui présente les deux difficultés:
1. les couleurs doivent être assemblées bord à bord de manière précise,
2. les branches doivent recevoir un "bombé" avant d'être insérées dans leurs logements, de façon à créer un effet de vitrail.


A. Réalisation de la forme

Il s'agit de réaliser le logement où viendront se loger les branches de l'étoile. Le pourtour de l'étoile est creusé dans une cartonnette assez épaisse (Photo A2, ici, 2 épaisseurs de 6/10 superposées), collée sur un carton qui peut être le plat d'un livre. Les "cloisons" sont découpées dans la même cartonnette (Ph. A3, toujours doublée). La peau (A4) fait partie de la couvrure du livre, et doit être assez fine (ici: 3/10).


La photo A5 montre l'étoile munie de ses cloisons, ainsi que la peau de couvrure. La forme sera donnée par pressage à l'émalène.

Humecter la peau, nourrir le carton de colle de pâte, éventuellement mélangée de colle plastique; la photo A6 montre l'empilage qui ira sous la presse, soit
ai-carton-peau-émalène-ai (les macules sur la photo sont à enlever).

Le résultat est visible en (A7).






B. Les pièces du "puzzle": stabilisation des peaux

Pour obtenir des pièces de forme précise, les peaux doivent être "stabilisés en les doublant de papier.

On travaille sur une plaque de verre (ici, un miroir), préalablement humectée d'eau. On pose une feuille de papier fin, par ex. simili japon, Bolloré*,..., que l'on étale soigneusement à l'éponge mouillée de façon à résorber tous les plis sans la déchirer (B1). Le papier se fixe provisoirement par capillarité.

On fixe définitivement la feuille sur le verre à l'aide de Kraft collant tout autour (B2).

La surface totale étant enduite de colle plastique, on pose des pièces de cuir dont on a choisi les couleurs, sur la couche de colle. (B3). Il est important que les peaux soient d'épaisseurs similaires.

Après séchage complet (un jour), on découpe la feuille au scalpel, qui se détache d'elle même (B4). On isole alors les pièces de peau ainsi doublées (B5).

C. Assemblage des peaux bord à bord

 Les pièces de peau sont coupées en deux parties, soigneusement au scalpel, en tenant compte que chaque partie devra porter une demi-branche de l'étoile, convenablement orientée (C1).

Les assemblages de couleur se font sur une nouvelle base vitre-papier-colle (C2) comme au chapitre B. (voir B1, B2). L'assemblage des pièces doit être très soigné, de façon à ne laisser apparaitre aucun espace.

 Après séchage, on récupère la feuille de papier dans laquelle on découpe les assemblages (C3).



D. Préparation du "bombé". Doublage des peaux

Pour obtenir un effet de "bombé", on devra doubler les peaux d'un "matelas" souple, par exemple de la doublure de peau (côté chair d'une peau refendue). Ici on a utilisé 2 épaisseurs de doublure de 6/10.
On colle les pièces sur la doublure (D1), puis on les sépare (D2). Eventuellement, on réitère l'opération pour un doublage deux fois plus épais.

 E. Découpage des éléments du vitrail

On prédécoupe la forme des éléments, par ex. dans une photocopie de la pièce A7, ou par "empreinte directe" (E1). Identifier chaque élément (ici N, S, E, O).

 A partir de cette ébauche, on découpe dans une cartonnette les formes des pièces, que l'on ajuste très précisément en les essayant dans leurs logements (E2).

On fixe ces éléments sur les pièces de cuir à l'aide d'adhésif repositionnable, convenablement disposées par rapport aux lignes de jonction (E3). En suivant au scalpel les bords des pièces carton, on découpe très précisément les pièces du puzzle (E4); il faut conduire le scalpel incliné vers l'intérieur de la pièce de façon à créer un léger chanfrein rentrant. Identifier les pièces, (E5), et vérifier leur placement correct dans leurs logements (E6).

F. Mise en forme des pièces

L'opération devra se faire avec célérité*.
Préparer 2 ais, un flacon de "Béryplast", 2 carrés de plastique dont l'un "semi-rigide" (ici du mylar  6/10), la feuille d'émalène (e) (F1), macule et pinceau.

Nourrir le bord des pièces de Béryplast côté "chair" . Les poser côté "fleur" sur le plastique semi-rigide puis poser par dessus l'autre plastique (F2).

Retourner le tout et le placer sous émalène, entre les deux ais. La pression de l'émalène doit s'exercer sur le côté "fleur" (F3).


Mettre en presse 2 heures. On récupère alors les éléments (F4).

(F5) montre l'étalement partiel du "Béryplast" au dos des pièces.

(F6) montre un élément avec son effet de "bombé".

(F7) montre le jeu complet des pièces du "puzzle"


G. Insertion des pièces dans leurs logements

Pour insérer les pièces, on peut les border simplement de colle plastique (G1), ou les enduire entièrement.
La première option laisse aux éléments un effet "coussin d'air" qui peut être apprécié.

On place les pièces dans leurs logements (G2), en marquant bien les bords à l'aide d'un petit plioir.

Après séchage, l'ensemble donne le résultat (G3) (identique à A1)

H. Application

 

J'ai utilisé la méthode pour réaliser le décor de l'ouvrage "La cerise", d'Alphonse Boudard.

 L'auteur y raconte sa vie d'après-guerre lors de ses multiples passages par la case "prison", ce qui explique le décor.

Les "parpaings" ont été réalisés en utilisant la méthode du "cloisonné bombé" décrite ci-dessus.






 Notes

O. *En effet, le "bombé" peut s'obtenir autrement par un simple chanfrein intérieur et pressage à l'émalène, mais la réalisation précise des chanfreins est fastidieuse si l'on a un grand nombre de pièces, comme dans le cas d'un vitrail.
 B.  *Le papier "Bolloré" 12g est plus aisé à étaler sans le déchirer.
       **Dans le cas de peaux d'épaisseurs légèrement différentes, on peut "rattraper la différence" par pressage simultané sous émalène. des pièces de mosaïque collées sur leur doublure (avant le bombé).
 F. *Si l'on a trop de petites pièces, procéder en plusieurs groupes pour éviter au Béryplast de sécher.

dimanche 22 janvier 2017

La bibliothèque Richelieu, un bijou !

Dimanche 15 Janvier 2017,

Après 7 ans de fermeture, la  BNF rouvrait enfin une partie restaurée de son site historique "Richelieu", l'ensemble du site devant, in fine, être entièrement orienté vers l'histoire de l'art.
Deux petits jours seulement, Samedi 14 et Dimanche 15 pour les innombrables curieux, avant que l'édifice ne soit définitivement livré aux seuls historiens et chercheurs.

Le résultat promettait d'être décoiffant, et il le fut, mais...



 ...pas de réservation, pas de coupe file; il fallait la mériter, la "Richelieu". La file que l'on voit sur la photo fait en réalité... 3 côtés complets du bâtiment.

Enfin au bout d'une heure 3/4 de piétinement dans le froid, on franchit enfin le poste de contrôle... l'enchantement n'est pas loin.





Suivez les photos sans oublier de cliquer dessus pour les agrandir; c'est magique. On revient au blog par la croix en haut à droite de la photo.

La visite commence par la salle Labrouste (1). Ouah !!!

Salle Labrouste, côté Est

Salle Labrouste, côté Ouest


Salle Labrouste, angle Nord-Est

Salle Labrouste: les rayonnages circulaires (S/O)

Salle Labrouste: des rayonnages droits (Ouest)

Salle Labrouste: côté Nord et structure métallique
Comme une cathédrale...

Salle Labrouste: structure de la verrière

...gothique, façon XIXème

Salle Labrouste: détail de la structure

Salle Labrouste: détail de la peinture dans un arc mural et détail de la verrière
 Les  arcs révèlent à l'intérieur de grandes peintures dans le goût de l'époque (3)


Salle Labrouste: table de lecture courante et pupitre de consultation rapide





et le mobilier est de même facture !!!


Après en avoir pris plein la vue, on se dirige vers le magasin central.
Ambiance plus classique d'une réserve (de 5 étages),  mais qui vous offre une petite surprise:
le système central des pneumatiques. Les demandes des lecteurs étaient autrefois acheminées par ce biais vers les magasiniers, qui extrayaient les livres et les apportaient au bureau de prêt.

Magasin central: le réseau des pneumatiques
un cauchemar de plombier !!
Plus en détail

Magasin central: le réseau des pneumatiques (détails)




Changement de décor. On se dirige vers la salle des manuscrits. Un petit bijou d'art nouveau. On admirera, sur la gauche, la cloison ouvragée, ainsi que l'escalier d'accès à la mezzanine, ci-dessous.

Salle des manuscrits: escalier intérieur
Salle des manuscrits: "La fête d'automne aux feuilles d'automne" de Genji Monogatari (1650-1654)




On se dirige enfin vers la réserve des Arts du Spectacle. Pour cela, on traverse une salle plus ou moins circulaire: la "Rotonde des Arts du Spectacle". Les nombreuses vitrines présentent quelques objets historiques: ainsi le manteau de Sarah Bernard dans "Cléopâtre" de V. Sardou (1902), et "Le sultan", marionnette pour un numéro de pantomine "Mille et Une nuits".
 


La salle de travail et réserve des Arts du Spectacle est de facture classique, mais elle recèle des trésors  considérables: manuscrits de pièces de théâtre, correspondances, photographies, etc... Sur le photo ci-contre (agrandir) un rayonnage courant donne une idée de la vocation de la salle de lecture.

On termine la visite par la salle ovale (4), non encore restaurée. C'est encore sombre, mais il n'est pas interdit d'imaginer ce qui nous attend...vers 2020.

La salle ovale: rayonnages

La salle ovale: structure et verrière
La salle ovale: rayonnages




Enfin, il  faut bien quitter ce lieu magique.
On prend le chemin de la sortie...

...la foule  est toujours là ! Seule différence, avec des parapluies.







 Informations complémentaires :

(1) Henri Labrouste (1801-1875), architecte français, réalise cette salle de 1861 à 1875, sur le principe d'une structure métallique, principe qu'il avait déjà mis en œuvre pour la Bibliothèque Sainte Geneviève, mais dans un style très différent.

(2) Toute la structure repose sur les arcs en fer ajouré, qui retombent sur seize colonnes de fonte; d'où l'impression extraordinaire de légèreté.

(3) Les tableaux de nature verdoyante sont dus au paysagiste A. Desgoffe (1864). Les sujets, simples étaient censés ne pas distraire le lecteur mais procurer une sensation de calme et de détente.

(4) La salle ovale est due aux architectes J.C. Pascal et A. Recoura. D'une hauteur sous plafond de 18m, elle est ouverte en 1936. La structure utilise à nouveau la fonte pour les colonnes de support.