jeudi 21 février 2013

La colle au micro-ondes

Peut-on préparer la colle de pâte au micro-ondes ?
Les avis sont partagés. Il y a les inconditionnels de la casserole, car on-a-toujours-fait-comme-ça-et-que-c'est-comme-ça-qu'on-doit-faire. On les reconnaît facilement au bruit de leurs chevaux sur le pavé. Puis il y a ceux pour qui une seconde de gagnée est toujours autant de pris sur la faucheuse, qui nous lorgne avec insistance et finira bien par nous alpaguer.
A la question posée, ma réponse est oui, on peut faire une très belle colle de pâte au micro-ondes.
Mais là, question de chiffres, je suis obligé de répondre: ben! ça dépend!
Ca dépend de votre cuillère pour doser la farine, de votre micro-ondes, de la puissance affichée, et de la fermeté de la colle souhaitée. Seul moyen, faire des essais avec une cuillère définitivement réservée à cet  usage, un petit tube marqué à hauteur des 5 cuillères d'eau, et une montre affichant les secondes. En choisissant une puissance donnée (personnellement, je choisis une puissance modérée), on cherchera le temps au bout duquel l'ébullition vient de commencer. Personnellement, je conseillerai de partager ce temps en deux de façon à homogénéiser le mélange eau-farine à mi-parcours.
Pour indication, mon micro-onde est un 750 W que je mets à puissance 8 (sur un maximum de 10). Ma cuillère à soupe est plutôt petite (ne vous inquiétez pas pour moi, pour la soupe j'en reprend). Je chauffe en deux temps de 25 secondes (puis homogénéisation) puis 22 secondes. 2 secondes de moins et j'ai une colle plutôt fluide, 2 de plus et ma colle est (après refroidissement) plutôt dure.
Voilà, c'est prêt. Y'a plus qu'à servir. Bon appétit !
Bien entendu, à la fin de l'opération, on note les paramètres ainsi mis au point (puissance 8, temps=25 +22 secondes par exemple). En les reproduisant identiquement, on réussira toujours sa colle de la même façon.

mercredi 20 février 2013

Traitement quasi-réversible des mouillures

Les mouillures des pages d''un livre sont à ce point disgracieuses qu'elles donnent le plus souvent envie de passer l'ouvrage à la poubelle. Les solutions pour y pallier sont peu nombreuses. En plus il y le souci de la réversibilité (en principe, une restauration doit pouvoir être neutralisée de façon à retourner à l'état primitif).  Les solutions habituellement proposées sont les suivantes:
   - le lavage en eau claire. Il exige le débrochage de l'ouvrage. La solution respecte la réversibilité. Mais le résultat est souvent décevant.
   - le lavage en solution chlorée (eau de Javel). Pas toujours aussi efficace que l'on croit. Atteint le papier dans sa structure. Méthode généralement déconseillée. Exige le débrochage de l'ouvrage. Solution considérée comme non réversible.
   - Ne rien faire. Méthode fortement conseillée qui ne détériore absolument pas l'ouvrage. Respecte la réversibilité. Mais méthode qui ne calme pas l'envie de passer l'ouvrage à la poubelle.
...et c'est tout !

La méthode que je propose m'a donné un résultat satisfaisant. Cependant, il ne faut pas oublier que toute méthode de restauration ne vaut que pour un cas, un papier, un problème, un état de conservation donnés. Il n'y a pas de solution universelle. Au mieux une méthode peut être utilisée après une mise au point soignée sur un cas test. Au pire, elle ne convient pas pour le cas traité.

La méthode que j'ai employée ne nécessite pas le débrochage de l'ouvrage. Je la qualifie de quasi-réversible; on verra pourquoi. Elle nécessite le matériel suivant: un crayon de couleur-aquarelle blanc (crayon que l'on peut mouiller et permet de peindre. On en trouve sous la marque "stabilo" ou d'autres), un morceau de papier de verre fin (type utilisé en reliure), des pastels secs de couleurs blanche, ocre et marron, un tissu doux ou un sopalin. La technique est résumée par les 5 photos ci-après.

1. On aperçoit la mouillure. Elle comporte en général une bordure nettement marquée (auréole). On ponce légèrement cette bordure, ce qui a pour effet d'ôter le glaçage superficiel de la feuille.

2. On colore cette bordure au crayon blanc mouillé, en évitant toutefois un apport d'eau excessif pour ne pas créer de nouvelle auréole. Personnellement, je trempe la mine dans un récipient d'eau puis je l'essore en la glissant sur une éponge. Insister, la bordure doit être invisible sous la couleur. Le crayon permet de passer même entre les lignes de texte, voire les mots ou les lettres.

3. Après séchage, on ponce doucement le crayonnage blanc. La brillance du crayon doit disparaître. Si l'on ponce trop, on risque de voir réapparaître l'auréole. Sur les zones avec texte, on poncera en tirant une seule fois le papier de verre appuyé sur la feuille. Le texte ne sera pas atteint.

4. On applique très largement un pastel blanc, puis un zig-zag de pastel ocre, enfin quelques points de pastel marron. La pratique apprendra à doser les couleurs, suivant le papier, son état, etc...

5 On essuie doucement la zone avec le tissu doux. La mouillure a quasiment disparu.

L'opération peut être reprise tant que l'on n'est pas satisfait, mais il ne faut pas oublier qu'en restauration, le mieux est souvent l'ennemi du bien. Enfin si l'on est intransigeant, je conseille d'acheter des livres neufs, et  surtout de ne pas les mouiller.

Une mouillure se retrouve nécessairement sur les deux faces de la page. On attendra la fin de l'opération précédente (surtout le séchage), avant d'attaquer le revers.

Je qualifie la méthode de quasi-réversible, en raison des ponçages légers 1 et 3. Quant au crayon-aquarelle, je ne sais pas... Globalement, je pense que la méthode dégrade peu le support.

samedi 16 février 2013

Réfection d'un coin de la couverture

Il y a des rats de bibliothèque qui dévorent les livres, mais il y a aussi aussi de vrais rats, des bébêtes  à 4 pattes qui quelquefois s'en régalent.

Ce pauvre livre a subi les effets de leur gourmandise. Cependant la reliure (demi-chagrin à nerfs) mérite d'être conservée. Ce message résume la méthode que j'ai appliquée, la méthode proposée sur un livre de reliure récent au chapitre "restauration" m'ayant laissé un peu incrédule. On y proposait simplement le rajout d'un triangle de carton bord à bord, les papiers intérieur et de couverture assurant la solidité du montage. La continuité du carton n'étant pas rétablie, je suis convaincu qu'à la première maladresse, le coin eut tôt fait de voler en éclats.

Les photos ci-après résument ma méthode. On exploite la structure habituelle des cartons, formés d'un empilement de feuilles.


- Photo 1. On dégage jusqu'à la demi épaisseur du carton une série de marches d'escaliers. Un scalpel (lame 15), la pointe et un coup de ponçage suffisent pour l'opération.
- Photo 2. On répète la même opération sur l'autre face, suivant un escalier ne coïncidant pas avec le premier pour éviter l'effet de "charnière".
- Photo 3. On peut maintenant combler un escalier marche par marche, à l'aide de cartons d'épaisseur adaptée.
- Photo 4. On fait de même sur l'autre face.
Une couche de Kraft sur chaque face, ponçage et les papiers intérieur et de couverture suffisent à dissimuler la réparation.

lundi 4 février 2013

Quelques travaux

J'ai mis en ligne sous le lien suivant

https://plus.google.com/photos/110476357285115467299/albums/5841223746376588993

mes travaux de restauration à l'atelier des lieurs jusqu'à Septembre 2012.

Je sais, j'ai eu le tort de ne pas les photographier dans leur état d'origine, de sorte qu'on pourrait croire que je les ai achetés comme ça. Le doute est permis ...
Et puis en regardant de près, on trouvera bien des défauts.

Je m'expose publiquement à la critique
Si c'est pas du courage, ça !!!